Rue Saint-Paul-saint-pierre. Un dimanche après-midi, entre fin mai et début juin. Le temps est agréable, à l'équilibre entre la douceur du printemps et la lourde chaleur d'été. Au 28 de la rue Saint-paul-saint-pierre, coincée entre deux immeubles d'habitation rébarbatifs, trône humblement une petite synagogue. La façade ne dépasse pas en hauteur le premier étage de ses voisins de pierre. La grande porte à double battants surmontée d'un fronton est restée ouverte, il semblerait qu'une union sacrée est en cours.

 

 

 



Qui n'était pas sans rappeler l'acteur Jean Benguigui, sans la moustache.

Sur leur passage, les gens se retournent, intrigués et amusés. « Drôle de couple! » par-ci, « Regarde, Laurel et Hardy ! » par-là, et toujours des sourires parfois poussés jusqu'au ricanement. Vous l'aurez compris, le duo ne peut passer inaperçu. Un véritable tandem de burlesque américain.


« Hé, kèsk'vous faîtes, couvrez-vous bande de schmuck ! C'est un lieu sacré bordel ! ». Il s'était mis à leur courir après en agitant les bras au-dessus de sa tête. Il avait une calotte bleue dans chaque main. On aurait dit des fanaux de détresse affolés qui avertissaient d'une catastrophe imminente. Il poussait des gémissements tantôt plaintifs tantôt injurieux dont les modulations rendaient le ululement de la sirène. Il était difficile de comprendre comment ce vieillard cacochyme s'était d'un coup transformé en gyrophare agressif, juste pour deux têtes nues.

 

 

 


Un éclair bleuté gicla de la poche côtelée du poussah. Le vieux concierge essaya de grogner : une bulle rose éclata entre ses lèvres. Chpouk. Il s'écroula sur le carrelage de la shul, à l'endroit où une belle étoile de David avait été posée. Une seule branche ne suffit pas à amortir sa chute. Les carreaux étaient petits mais durs. Le vieux concierge glouglouta quelques secondes, allongé sur le flanc, maudit en silence cette rue doublement chrétienne (il en avait toujours désapprouvé le choix pour l'implantation de la nouvelle shul qui déjà l'avait privée de nom pour commencer - deux saints dans la même rue, rien que ça !), finit par baver rouge et s'endormit pour l'éternité. La grande silhouette s'accroupit au-dessus de lui, ouvrit le pouce et l'index en fente pour lui fermer les yeux. Il se releva - maintien noble.


  - Rangez cette lame. Vous n'auriez pas dû le refroidir.

  - M'dis pas c'que j'ai à faire.

  - Couvrez-vous (l'échalas avait ramassé les deux calottes. Il s'en était mise une sur la tête et tendait l'autre à son acolyte).
  - J'fous pas c'te merde puante sur la tête. Va chier avec ton bonnet t'as l'air d'un con. Et j't'ai déjà dit d'pas m'dire c'que j'ai à faire, capish l'ânglish ?

Le grand restait impassible. Aucun mouvement d'humeur ne s'était manifesté, les sourcils (fins et soyeux, mondains) n'avaient pas bougé d'un poil. Certains auraient dit qu'il possédait un flegme tout britannique si l'on peut dire, même si à ce moment la calotte remplaçait péniblement le chapeau melon. Sa silhouette efflanquée, ses gestes lents et mesurés, jamais emportés, son élégance naturelle qui enveloppait de grâce tous ses mouvements, la voix même, suave et parfaitement timbrée, disons-le carrément, l'ensemble de sa personne, n'était pas sans rappeler la prestance hautaine d'un lord anglais. Il se trouve qu'aussi loin qu'on pouvait remonter, aucun de ses aïeux n'avait jamais eu le moindre globule anglais dans le sang, mais c'était un détail qui n'intéressait personne, et de ce fait tout le monde l'appelait lânglishe. A côté, le petit gros paraissait encore plus petit et encore plus gros. Lânglishe glissa calmement ses longs doigts dans les poches de son veston.


  - Occupez-vous du corps, je me charge du contrat.

  - Mon cul l'ânglish. J'ai pas été engagé pour ramasser les merdes.

  - Vos merdes imbécile. Nettoyez ça (il pointait un doigt noueux sur le concierge estourbi) on se retrouve dans dix minutes au point neutre.

 




Par V.Vlan
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Pascal Obispo fait son grand retour en Capitaine Samouraï Flower


[...]

Très impliqué dans de nombreuses causes, Pascal Obispo a pris son temps pour préparer son come-back. Son nouveau personnage est ainsi le fruit d'une lente maturation. "C'est un messager (Captain Samouraï Flower, ndlr) de la nouvelle génération, un idéaliste très concerné par l'écologie. Il fait le tour du monde dans un parcours initiatique qui visite les lieux les plus endommagés, les plus détruits. Il parle de l'équilibre des écosystèmes, des relations qu'entretiennent les peuples d'Amazonie, d'Afrique avec la nature", décryptait récemment Pascal Obispo dans Le Figaro.

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Les interrogatoires controversés de la CIA ont permis d'obtenir des informations de très haute importance


"Des informations de très haute importance" ont été obtenues lors des interrogatoires menés par la CIA, incluant ceux menés avec les techniques controversées et approuvées par l'ex-président George W. Bush, a-t-on appris mardi auprès d'un haut fonctionnaire de l'administration Obama.

Les techniques controversées sont qualifiées de "tortures" par les organisations de défense des droits de l'Homme.

Les quatre mémos secrets rédigés entre 2002 et 2005 par les services de conseil juridique du ministère de la Justice autorisaient l'emploi de techniques comme le simulacre de noyade, le "waterboarding".

Les agents pratiquant les interrogatoires pouvaient également laisser des détenus dans des positions inconfortables et/ou dévêtus durant de longues périodes, les maintenir dans des cellules non chauffées, les frapper, les priver de nourriture et de sommeil ou menacer leurs familles.

AP



Par V.Vlan - Publié dans : Journal
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Le supporter de foot est un animal grossier sauvage violent inculte. Foule d'abrutis.

Oui, tête molle, mais jamais tu ne connaîtras la béatitude de la victoire. Ce soir, Bordeaux est deuxième, ce soir ça sent le titre, ce soir je suis euphorique, ce soir j'ai atteint la béatitude. Allez tous en paix. Marseillais va .....é. .....  ......èèèère sur la caaanne-caaanne-caaanne-caannebièèèère..... L'arbitre enculé.
Par V.Vlan - Publié dans : Journal
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" Quand je suis entré dans la pièce, il était en bannière, la verge pendante, et son caleçon et son pantalon aux genoux ont un peu embarrassé son mouvement alors qu'il faisait un pas de côté et saisissait sur une chaise cannée un New Police Python qu'il a braqué sur moi. "

C'est long et pourtant c'est léger, fluide et harmonique. Le passé composé n'y est pas pour rien. Le passé simple dans le récit, ça pue à partir de deux dans la même phrase. Ca colle, ça accroche, et on a l'impression de traîner des boulets en progressant dans la phrase.

" Les deux hommes sautèrent sur leurs pieds, pivotèrent et me firent face. "

Erk. Et encore, celle-là est courte. Les verbes au passé simple sont trop proches les uns des autres et les saccades qu'ils génèrent heurtent la lecture de façon déplaisante. Pour placer 3 "passé simple" en douceur on doit pouvoir se féliciter de l'utilisation du "et" fluidifiant (sans virgule d'apposition), l'air de rien :

" Il but du thé et mangea deux biscottes beurrées et ouvrit le courier ". Avec modération, évidemment. Ou bien à noyer dans quelques imparfaits de diversion et autres compléments de verbe/objets... :

" Dans l'après-midi, Gerfaut régla les affaires pendantes, reçut des vendeurs à qui il donna des instructions, eut un long colloque avec son subordonné immédiat, qui allait le remplacer durant le mois de juillet et qui espérait, à force d'intrigues, de servilités et de perfidie, bientôt le remplacer totalement et définitivement. "

 Nonobstant il faut bien reconnaître au passé simple sa concision, et quand il ne se retrouve pas par grappes à chaque ligne, il peut vous faire claquer une phrase dans le plus bel effet.

Mon avis, c'est que le couple passé composé/imparfait est le plus élégant dans un récit (au moins à la première personne), n'en déplaise à Bescherelle.

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Maintenant, voilà une caractérisation d'un personnage très secondaire en deux phrases :

" [...] pharmacie du Bocal de Jude, Paris 6e. (Le patron est amateur de contrepèterie. Il est d'une truculence bien française qui me donne envie de marcher tout seul au grand air. Au demeurant, il s'appelle bel et bien Jude.) "

Chapeau.

Et là, une caractérisation en un paragraphe d'une "vieille dame" (" ce n'était pas ce que j'appelle une vieille dame, mais tout de même. ") :

"
Manifestement elle n'était pas assise à l'aise dans le fauteuil en skaï ; elle aurait préféré une chaise ; elle était du genre à s'asseoir au bord d'une chaise et se pencher en avant, en posant ses coudes pointus sur le plateau du bureau, en poussant son museau pointu en avant pour longuement causer, longuement discuter, elle devait faire perdre un temps fou aux employés des postes et de la Sécurité sociale, tout le temps à expliquer et discuter et demander des explications, voilà son genre. "

A signaler le style volontairement "non-littéraire" (si je puis dire), le récit étant rapporté par Tarpon, ancien gendarme reconverti privé (dans Que d'Os!).
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Trois ettaras présumés interpellés dans les Pyrénées-Orientales


[...]

La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a félicité les "services de police français qui ont permis, en coopération avec les services espagnols", l'interpellation des trois ettaras présumés.

"En l'espace de 10 jours, ce sont cinq ettaras qui ont été arrêtés en France, illustrant ainsi la détermination sans faille des forces de l'ordre dans la lutte contre le terrorisme basque", ajoute-t-elle dans un communiqué. AP



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Je suis un pleurnichard. Et ça ne me fait pas rire.
Reçu commentaire de Z. avec plaisir.
Les courses de Longchamp m'exaspèrent. Gratter un morpion ou les passer en simple spectateur. Concentré sur le trot.
Rédiger la candidature pour Caen.

Ecoute du live de B.B.King at the Regal



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Encore les tâches blanches. Soit que le temps me bousille les yeux soit que la tension me ronge les nerfs optiques. Je lis la moitié des mots et dois me démancher le cou pour lire une phrase complète. Plutôt flippant. Impossible de poursuivre la lecture.
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Soûlographie de mardi entièrement épongée. Je ne m'inquiète pas de ce que j'ai pû dire convaincu que je ne reverrai ni l'anglais ni l'allemand.

Toujours dans l'écoute de Streetcore, mais plus sporadique de peur de me lasser.

Je ne sais pas si la "vieille-du-dessus" va passer le printemps. Signes inquiétants de lassitude. Moi aussi je me sens las le temps est gris. Fatigue physique et morale d'après-cuite.


Au fait, j'apprends un dépecage à Créteil. Un type de 76 ans "
a reconnu avoir poignardé sa femme (72 ans) au niveau de l'abdomen et l'avoir ensuite démembrée avec une scie". Suite à une dispute, qu'il est écrit...
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Lecture de "Mon chien Stupide" de Fante (A l'ouest de Rome).
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«On serait au XIXe siècle, je vous convoquerais en duel et je vous flinguerais. Et ce serait mérité. Malheureusement, je ne peux pas»

Pierre "Cowboy" Lellouche (à l'adresse de Jean-Luc Mélenchon)


Par V.Vlan - Publié dans : Journal
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