Sur la gauche de la scène, un château avec un balcon. Sur la droite, en suspension, la pleine lune. La scène est uniquement éclairée par la lumière blanche de la lune.

Le prince entre par la droite, le gps à la main, la tête penchée dessus. Il suit les instructions du gps, sans jamais relever la tête.

 
Scène 1
Le prince, le gps
 
Le gps : Vous êtes arrivé à destination.

Le prince, relève la tête et regarde autour de lui : Tu es sûr que c’est ici ? Je ne vois ni pont, ni grotte. Tes cartes sont bien à jour ?

Le gps, apparemment irrité : Vous êtes arrivé à destination.

Le prince : Que tu es têtu ! Tu vois bien que nous ne sommes pas dans la forêt des Bruyères Pubescentes. J’ai vu plus de végétation dans le désert des Monts Pelés que je n’en vois ici. Peux-tu au moins me donner le nom de ce château (il montre le château devant lui) ?

Le gps, silencieux, puis au bout de quelques secondes : Tournez à droite après cinq-cent-mètres.

Le prince : Très bien, je vois. Tu es perdu. Je me demande parfois à quoi tu sers. Il le range dans sa poche. On entend le gps : continuez tout droit pendant deux kilomètres. Il l’éteint. La nuit est bien avancée, et je me sens fatigué. Tâchons maintenant d’obtenir l’hospitalité chez les hôtes de ce château. De plus, la faim me gagne, et je parierais mon cheval qu’un si grandiose édifice abrite les plus somptueuses victuailles pour régaler mon estomac délicat et raffiné. Je m’en délecte d’avance. Le vin aussi doit y être exquis, qu’il soit rouge, blanc ou rosé. Je pourrais même y rester un jour ou deux, si la chambre est confortable et le lit accueillant. Allons parlementer, et usons de notre charme. Il va taper à la porte du château, trois coups énergiques. Ohé, du château ! Je suis le prince Rémi, ouvrez ! Silence. Il tape trois nouveaux coups, plus fort. Après quelques secondes, il entend du bruit venant du balcon.

 
 
Scène 2
Le prince, la princesse
 

La princesse, apparaissant au balcon : Chuut, moins fort s’il vous plaît, vous allez réveiller mon père, qui sait être peau de vache quand il est tiré de son lit en pleine nuit. Vous êtes vraiment prince ?

Le prince, qui n’a pas encore vu la princesse, au-dessus de sa tête. Il se recule de quelques pas tout en parlant : Bien sûr, Madame…

La princesse, l’interrompant : Mademoiselle ! Et je suis princesse !

Le prince, qui s’est suffisamment reculé pour voir la princesse. Elle est éclairée par la pleine lune : Princesse, … Il s’interrompt. Parle à lui-même. Bon Dieu, jamais je n’ai vu beauté plus enivrante. Même la lune pleine et grasse n’irradie tant de voluptés…

La princesse : Mon prince, mon doux, mon étalon, ma monture, ma colonne, vous me parlerez de ma beauté tout à l’heure. Ca fait si longtemps que je vous attends ! Montez vite, mon lit a été changé aujourd’hui, et les draps sentent encore la frigoule et le serpolet. L’oreiller est tout de vanille et de chanvre, et très bien insonorisé. Venez, grimpez, et rejoignez-moi, mon prince !

Le prince, hésitant et passionné : Ma lune, si j’étais poète, que de belles choses j’aurais à vous chanter. Hélas, votre beauté me désarme, et les mots me manquent pour exprimer ce que je ressens réellement en vous voyant.

La princesse : Mon prince, les mots sont inutiles, je vois bien l’effet que je vous procure à la lumière de la lune. Mais je vous en conjure, parlez moins fort ! Il y a juste là une gouttière sur laquelle vous pouvez grimper. Ensuite, vous n’aurez qu’à prendre appui sur la frise, ici, pour atteindre le balcon. Ne me faites pas attendre plus longtemps, mon amour, et venez me combler de toute votre passion naissante.

Le prince : Princesse… Je ne peux entrer dans votre chambre comme un voleur… Que dirait votre père s’il me surprenait ?

La princesse : Mon père dort, et ne se réveillera pas avant l’aube, si vous consentez enfin à vous taire. La gouttière, juste là ! Ne me faites pas languir plus longtemps !

Le prince : Mon soleil de mes nuits, je veux vous prouver tout mon amour en faisant pour vous un acte héroïque. Commandez-moi, j’exécuterai !

La princesse : Oh, vous savez bien quel acte héroïque j’attends de vous… Elle rougit. Pouffe. Après quelques secondes. Venez me décrocher la lune, mon Prince !

Le prince : Vous décrocher la lune… Oh… Oh ! La lune, évidemment ! C’est la lune que vous voulez ! J’aurais dû y penser, c’est le moins que votre beauté puisse demander. Eh bien, vous avez commandé, j’exécuterai ! Je m’en vais de ce pas vous la décrocher, et ainsi vous prouver mon courage et ma bravoure. Je ne reviendrai pas sans la lune sous le bras, ma mie, je le jure. Je vous promets d’être revenu avant l’aube, la lune avec moi. Il s’en va vers la lune.

La princesse : Attendez ! Le prince s’arrête et se tourne vers la princesse. Vous ne m’avez pas comprise. Ce n’était pas de cette lune dont je vous parlais… Je vous parlais de… Elle rougit encore. Quelques secondes passent. De MA lune !

Le prince : Votre lune ? Princesse, je n’en connais qu’une, c’est celle-là. (Il montre la lune sur la droite de la scène) Moqueur. Je ne savais pas qu’il y en eut une autre qui vous appartenait ! Me feriez-vous marcher ?

La princesse, à part : Mais qu’ai-je donc fait au Ciel ? Le premier prince qui passe par ici depuis que la nature m’a faite femme, et c’est un puceau. Pourquoi le sort s’acharne-t-il ainsi ? Haut. Oui mon prince, c’était une plaisanterie pour vous amuser. De la chambre de la princesse, on entend un wizz msn. La princesse tourne la tête et semble maintenant pressée de se débarrasser du prince. Mais courez maintenant vers la lune, mon brave, et comme vous me l’avez promis, ne revenez pas avant de l’avoir décrochée ! Adieu, prince Rémi ! Et elle rentre rapidement dans sa chambre.

Le prince : Je ne serai pas long, princesse ! Je… je vous aime. Et il part vers la lune.

par V.Vlan publié dans : Le Prince
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Friedrich :  Il veut quoi l'alpiniste?
L'alpiniste : Ce que je veux?! Il me demande ce que je veux! Dis-donc le rigolo, tu sais que cet endroit est censé être inviolé de toute présence humaine? Aucun homme n'est censé y avoir jamais mis les pieds avant moi. Je suis là en mission pour y planter le drapeau de ma nation. Tu sors d'où toi? C'est quoi ces fringues? Ca fait longtemps que t'es là?
Friedrich : Imbécile, j'ai été peint en 1817. Ca fait presque 2 siècles que je suis là. Je ne sais pas qui vous envoie, mais ils se sont foutrement gourrés. J'en ai vu défiler une bonne vingtaine depuis ma création, et le premier il y a plus de 100ans. Vous êtes comme qui dirait un peu retard. Remballez votre drapeau et redescendez.
L'alpiniste : Non mais c'est pas possible d'entendre ça. Bon, écoute, que je sois le premier ou pas, c'est pas important. On va trouver un arrangement. De toute façon, moi, je dois le planter , ce putain de drapeau. Quelqu'un t'a vu grimper ici?
Friedrich : Avec une moyenne de 700.000 visiteurs par an depuis mon accrochage à la Kunsthalle de Hambourg, en 1869, voyons, ça nous donne, aux alentours de.... 10 millions de témoins. Bien sûr, certains sont morts depuis. Un blanc. Vous êtes un sacré imbélice, tout de même. Vous pensiez vraiment être le premier? Il se met à rire.
L'alpiniste : Hey mec, t'es bien placé pour te foutre de moi. Une vie passée à regarder les nuages à plus de 7000 mètres d'altitude, si t'es pas un givré toi. Bon, non pas que ça me déplaise de discuter avec toi, mais moi j'ai une vie à côté, et un drapeau à planter. Alors voilà ce qu'on va faire : tu vas te pousser un peu, parce que là t'es pile poil sur le sommet, mec, je fous le drapeau, juste là, et je me barre. Tout le monde est content, tu restes dans le cadre, mon drapeau est visible, et tu retrouves ta solitude. Allez, décale-toi un peu.
Friedrich : Non.
L'alpiniste : Ne m'oblige pas à le faire pour toi. Bouge, t'as juste un mètre à faire. T'occupes si t'es plus centré, ça chamboulera pas la composition. Et puis, c'est pas toi l'artiste, concentre-toi plutôt sur tes nuages.
Friedrich : Ils sont moins stupides d'habitude. Le progrès sans doute. Réfléchissez 30 secondes. Je suis peint sur la toile, il m'est impossible de bouger. Croyez-vous que je serais resté perché sur ce rocher pendant 200 ans, autrement?!
L'alpiniste : Allez, te fous pas de moi. Je te donne 10 secondes pour te décaler. T'as un pas à faire, on enverra le tableau en restauration ils combleront les vides. Dépêche, ça commence à cailler.
Friedrich : Mon Dieu, vous atteignez des sommets de stupidités. Vous savez où vous pouvez vous le mettre, votre drapeau?
L'alpiniste : Bon, le poète, on pourra pas dire que j'aurai pas été patient. Il monte sur le sommet et pousse Friedrich. Friedrich dérape, et tombe dans le vide. Ah.... Je vais encore me faire engueuler. C'est sûr, ça leur fera un peu plus de boulot au service restauration. C'est qu'il était grand. Il plante le drapeau tout au sommet, et redescend.

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par V.Vlan publié dans : Super le sketch, ah ah ah ah ah (x 20)
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MODELE 1 : Bonjour, bel homme ! Hon ! Vous me faîtes déjà rougir !

MONSIEUR VLAN : Gnerk, tu pourras pas être ma femme, torche-cul.

M. 1 : Pardon ? Tronche quoi ? Mais pourquoi donc ? Je ne vous plais pas ?

M. V. : Gnerk, tu es trop réputée, ta photo est collée dans tous les manuels de cuisinerie enseignés aux apprentis charcutiers. Ta fligule ferait de l’oimbre à icelle de M. Vlan. Gné.

M. 1 : Je m’excuse, mais je ne comprends rien à ce que vous dîtes.

M. V. : Gnerk, t’es le fonctionnaire fêlé qu’a fait cramer tous les foncés pendant la guerre de 100 ans et ainsi de suite. Gné, t’es mort depuis le moyen âge, tant que les mites qui ont rongé tes os seront bientôt mortes de vieillesse, gnark gnark gnark. Gauchard de rue !

M. 1 : Mais enfin, il y a erreur sur la personne. Mon nom est brise Courtequeux. Je suis gazier. Employé par la répoublique. C’est moi qui suis chargé de fermer les vannes. Et… je n’ai pas l’habitude d’être si direct, mais je vous trouve vraiment charmant, Mônsieuye. Et fort galant.

M. V. : Gné… Gné… Tu cherches à abuser de M. Vlan par truchement de personnalité. Gné… Gratte-couille communiste, tu n’auras pas M. Vlan. Et M. Vlan veut de la blonde pas moche. Ton temps est écoulé, laidron ! Suivante ! Gnork Gnork !

M. 1 : Oh non, s’il vous plaît ! Hon ! Je vous aime ! Hon ! Laissez-moi une chance. Ne cherchez-vous pas une bonne ?

M. V. : Gnerk, une bonniche ? Pour mes expulsions de gaz ?

M. 1 : Hon, je sais aussi faire le café.

M. V. : Gnerk, tu sais bien les serrer ?

M. 1 : Hon, j’y prends plaisir.

M. V. : Gné, les petits comme les grands ?

M. 1 : Les petits comme les grands ! Hon ! Suivant vos désirs ! Hon hon !

M. V. : Gnerk gnerk gnerk. C’est mon laxatif favori quand il est pris en forte quantité. Ca soulage le fion. Gnark. Mais qui me dit que tu n’es pas un de ces miterranfoutres sans cervelage ?

M. 1 : Mônsieuye, vous m’insultez ! Je ne suis bien que quand je travaille. J’en ai d’ailleurs fait ma devise. Ecoutez-la plutôt : « Ma seule raison d’être ? De servir les grands maîtres ! » Hon ! Hon hon !

M. V. : Gnork. Gnork gnork. Sais-tu que tu n’auras aucun pécule, Sagouin ? Je garde toujours tout pour moi.

M. 1 : Mônsieuye, enfin, vous continuez de m’insulter ! Je ne demande rien ! Je ne travaille jamais pour me faire tant pécule et plus. Savez-vous ma deuxième devise ? La voici : « Travailler plus, pour prendre plus ».

M. V. : Gné… Gné… Tu as réussi, clocharde. Gn… Tu es maintenant la bonniche de M. Vlan. Miterranfoutre, que fais-tu encore là ? Va me faire un petit noir, je commence à avoir envie de chier. Bien serré ! Gnark gnark gnark !
par V.Vlan publié dans : Monsieur VLAN
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par V.Vlan publié dans : Le petit théâtre de Jésus
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- Tu sais pourquoi tu es là.

- Si je sais pourquoi ! Difficile de l'oublier, vous me le répétez tous les jours depuis dix ans.

- Pour que tu puisses t'y préparer.

- Des foutaises. Ca a juste servi mes angoisses.

- Ne sois pas si aigri. Je n'ai fait que mon travail, comme tu as pû faire le tien ces dix dernières années, en partie grâce à moi.

- Je devrais certainement vous remercier maintenant ?!

- Ah ah ! Tu me manqueras. Tu es positivement irrécupérable.

- Venant d'une personne aussi détestable que vous, je prends la remarque comme un soulagement, qui me rassure quant à la distance qu'il existera toujours entre nous. Vous flattez les autres également ?

- Ah, me voilà détestable. Tu me juges comme si j'étais ton bourreau. Mais j'ai l'habitude. Depuis le temps que je suis dans le métier, j'ai arrêté de me formaliser. Et je t'apprécie malgrè tes injustes vexations à mon encontre, vois comme je ne suis pas rancunier ! As-tu peur ?

- Peur ? A quoi bon ? Et de quoi avoir peur ?

- Ah, tu as bien raison. Mais on ne sait jamais de quoi on a vraiment peur, tu devrais le savoir maintenant.

- Oui, depuis le temps que vous êtes dans le métier, vous en avez vu défiler, etc etc... Gardez vos leçons pour les autres, et abrégeons.

- Décidément, tu ne veux rien entendre. Tu t'enfermes dans tes certitudes. Te sens-tu prêt ?

- Vous prenez un malin plaisir à poser des questions qui n'en sont pas. Est-ce que j'ai le choix d'être prêt ou non ?

- Non, bien sûr que non que tu n'as pas le choix. Mais je pose toujours la question par principe. Libre à vous de formuler une réponse, votre réponse. Non qu'elle ne m'intéresse pas, mais plutôt qu'elle ne me regarde pas.

- Fidèle à votre réputation jusqu'au bout. Vous posez des questions sans vous soucier de la réponse. Vous n'écoutez jamais ce que l'on a à vous dire. Mais je ne m'attendais pas à autre chose de votre part.

- Ah, que tu es remonté contre moi ! Est-ce le passage qui approche qui te rend plus acerbe ? Tu pourrais te montrer plus compréhensif, maintenant que notre chemin est sur le point de se séparer.

- Compréhensif ?! Moi, je devrais me montrer plus compréhensif ? Venant de votre part, cette remarque ne peut que me faire sourire jaune... Vous n'avez décidément aucune retenue, aucune forme de pudeur...

- Très bien, je n'insiste pas. Assez perdu de temps, mettons-nous en route. Tu devras marcher dans mes pas. Lorsque le chemin caillouteux se terminera, et laissera place à un capricieux chemin de terre, tu devras poursuivre seul, et nos routes ne se croiseront plus. Le vent violent rendra le trajet plus pénible, et nous empêchera de communiquer. Tu devras te contenter de me suivre, et de prendre garde aux raffales. Tu devras te concentrer uniquement sur ta progression, et ne jamais te laisser distancer à plus de deux pas derrière moi. As-tu des dernières questions ? Ce seront nos ultimes paroles.

- Aucune question que je ne pourrais aussi bien poser à un mur. Quant à ne plus pouvoir vous parler, cela ne change rien pour moi, vous n'avez jamais su m'écouter. Alors mettons-nous en route, et finissons-en une bonne fois pour toutes.

par V.Vlan
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